HRP2 – Vue d’ensemble
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le paludisme demeure un problème de santé publique majeur, avec environ 241 millions de cas et 627 000 décès enregistrés en 2020. Dans les pays endémiques, il est crucial de tester chaque cas suspect et de traiter chaque cas confirmé avec un médicament antipaludique de qualité pour prévenir les décès. Les outils de diagnostic actuels incluent la microscopie et les tests de diagnostic rapide (TDR). Les TDR offrent des avantages notables par rapport à la microscopie, notamment leur rapidité, simplicité et facilité d’utilisation, et sont devenus essentiels dans les zones endémiques. Environ 90 % des TDR disponibles ciblent la protéine 2 riche en histidine de Plasmodium falciparum (PfHRP2), certains détectant également la PfHRP3 par réactivité croisée.
Cependant, des souches de Plasmodium avec des délétions des gènes Pfhrp2/3, qui échappent à la détection par les TDR basés sur PfHRP2, ont été signalées au Pérou, au Mali et dans d’autres pays africains. Cette situation pourrait compromettre la gestion des cas de paludisme et menacer l’efficacité des TDR actuels. L’OMS recommande aux pays touchés par ces délétions et à leurs voisins de surveiller ces délétions, surtout chez les patients symptomatiques, et de passer à des TDR autres que ceux basés sur PfHRP2 si la prévalence des parasites portant la délétion atteint 5 %. Depuis la première détection, des délétions Pfhrp2/3 au Mali en 2012 chez des personnes asymptomatiques, aucune étude systématique sur leur impact chez les patients symptomatiques n’a été réalisée.
La méthode traditionnelle pour les essais moléculaires consiste à utiliser du sang capillaire séché sur du papier filtre appelés taches de sang séché (DBS). Cependant, plusieurs études ont montré que l’ADN de Plasmodium extrait des TDR usagés est de qualité et quantité comparables à celui des DBS, et est approprié pour les analyses moléculaires même après un stockage prolongé à température ambiante. L’utilisation de TDR usagés présente des avantages notables, notamment une simplification du prélèvement, du séchage, du stockage et de l’expédition des échantillons, avec un risque de contamination croisée minimal.
Dans ce contexte, nous proposons de cartographier la distribution des délétions Pfhrp2 pour guider les décisions sur les tests diagnostiques optimaux pour le paludisme. Cette étude identifiera les zones nécessitant des ajustements diagnostiques et celles nécessitant une surveillance future.
Ce projet est dirigé par le Professeur Abdoulaye Djimde de l’Université des Sciences Techniques et Technologiques de Bamako (USTTB), en collaboration avec le responsable de la surveillance épidémiologique du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) au Mali.
Ce partenaire a été choisi en raison de son expertise en recherche génomique sur le paludisme et de ses équipements de laboratoire. Les résultats seront communiqués au PNLP pour éclairer le choix des TDR locaux et à l’OMS.